Les taux vont-ils réellement remonter à long terme ?

Voilà une question que se posent de nombreux Français désireux d’acquérir leur résidence principale ou de réaliser un investissement. Si nombre d’entre eux ont déjà pu profiter d’une baisse historique des taux d’intérêt, d’autres s’inquiètent de savoir si, dans quelques temps, faire un emprunt immobilier sera toujours aussi rentable.

Un contexte particulier pour les taux d’intérêt

Depuis quelques mois, on nous prédit une hausse des taux d’intérêt. Une annonce qui a fait peur à certains consommateurs qui se sont hâtés de faire un emprunt immobilier pour profiter des taux les plus bas. Pour autant, cette hausse, on n’y assiste pas vraiment. Certes, les taux ne baissent plus, mais l’augmentation est plus que légère et encore indolore pour les emprunteurs. En juin 2017, le taux moyen sur 20 ans est encore de 1,75%. Mais pourquoi un tel flou ?
Concrètement,
c’est la situation économique et la politique mondiale qui impactent notamment la hausse des taux. Or, nous sommes dans une période de transition avec quelques inconnues. Un nouveau président a été élu aux Etats-Unis, Donald Trump. Sa politique inflationniste pourrait changer la donne. En Europe, le Brexit pose de nombreuses questions, difficile pour le moment de comprendre très précisément les effets du départ de nos voisins de l’Union Européenne. En France même, Emmanuel Macron est fraîchement élu, qui peut prédire dans quelle mesure sa politique économique va impacter les taux ? Enfin, le prix du pétrole a augmenté, engendrant une inflation que l’on estime à 1,6% dans la zone euro d’ici peu, alors que l’on prévoyait 2% en début d’année.

Les OAT chutent, la BCE temporise

Le taux des Obligations Assimilables du Trésor est en chute. Les OAT à 10 ans atteignent 0,62% en juin 2017, ce qui ne semble pas correspondre avec l’annonce de la hausse des taux. En parallèle, la BCE elle-même ne semble pas prête à faire remonter les taux de manière trop brutale. Malgré la reprise économique et une inflation qui se stabiliserait à court terme, la Banque Centrale Européenne souhaite prendre son temps.
C’est en 2018 qu’elle retirera, peu à peu, les liquidités qu’elles injectaient jusqu’alors.
A terme, les banques devront augmenter leurs taux d’intérêts. Mais, à ce jour, nul ne saurait dire dans quelle mesure cette augmentation aura lieu et surtout, à quel point elle impactera l’économie française et européenne. Car, ne l’oublions pas, des crédits immobiliers attractifs ont un impact très positif sur tous les professionnels du bâtiment, des promoteurs aux artisans.

Et si la hausse des taux était plus importante qu’on ne l’imagine ?

Et oui, après tout pourquoi pas, puisque nous sommes toujours dans le flou. Qu’est-ce qui nous empêche d’imaginer un tel scénario ? En Europe, l’inflation varie selon les pays, on estime que c’est en Allemagne et en Espagne qu’elle serait la plus forte à terme. Si, en Allemagne, on a des taux de 1% sur 10 ans pour une inflation de 1,8%, les rendements des obligations sont alors faibles.
Or, les investisseurs seront-ils intéressés par des rendements inférieurs à l’inflation ? On peut naturellement en douter. Et si ces investisseurs décident de vendre leurs obligations, mécaniquement les taux d’intérêt finiront par augmenter plus qu’on ne l’imaginait au départ malgré une Banque Centrale européenne toujours désireuse de prendre son temps pour ne pas inquiéter les marchés et les consommateurs. Encore une fois, on est entre réel et fiction et bien malin celui qui pourra faire une prévision fiable et précise à long terme.

Hausse des taux :  quel impact sur l’emprunt ?

En début d’année, l’Observatoire du Crédit Logement/CSA estimait une hausse en 2017 de 0,4 points des taux d’intérêt. A priori, on pourrait estimer que cela ne va pas fondamentalement changer la donne. Et pourtant !
En effet, pour une telle hausse, le coût total d’un crédit de 200 000 euros augmenterait de 10 000 euros. Pour certains ménages, une telle somme est loin d’être anodine et pourrait en refroidir quelques-uns. Et si les taux augmentent de 0,4 voire 0,5 points,
le nombre d’emprunteurs pourrait tout simplement baisser de 8%. Car la seule solution pour inciter les emprunteurs à acheter quand même, tout en respectant leur budget, serait que les prix de l’immobilier baissent. Or, on assiste dans les grandes villes, à contrario, à une hausse massive des prix. A Paris, on évoque une hausse de 7,7% en un an. Au Mans, les prix flambent et augmentent ainsi de 11,5% en un an. La conjonction de la hausse des taux et des prix de l’immobilier va naturellement impacter la production de crédit immobilier dans certaines régions de France. En revanche, le prix de l’immobilier est en baisse dans certaines villes, c’est le cas notamment de Saint-Etienne ou Béziers. En consultant un courtier en crédit immobilier à Béziers, il est encore possible de faire une bonne affaire. Mais dans le doute, n’attendez pas.

Sourcehttp://www.leblogpatrimoine.com/bourse/le-taux-de-loat-secroule-a-0-62-mais-ou-est-la-hausse-certaine-des-taux-long-terme.html