Quelles solutions pour lutter contre la crise du logement ?

Le nouveau ministre de la Cohésion des territoires entend lutter contre la crise du logement. Et son titre lui-même semble évocateur puisque le poste de ministre du Logement a disparu pour laisser place à un ministère capable de voir plus loin et d’intégrer pleinement la crise du logement à une réflexion plus générale.
Et si des portes s’ouvraient enfin pour que chacun ait un logement et surtout, un logement décent ?

Crise du logement : c’est quoi au juste ?

Derrière ce terme se cache une lourde réalité. La crise du logement, ce n’est pas uniquement un manque de logements comme d’aucuns pourraient le penser. Non, cette crise va bien plus loin que cela. Certes, peut-être en manque-t-il pour que chacun ait un toit, encore qu’il est possible d’en douter lorsque l’on s’aperçoit du nombre de logements vacants aujourd’hui vétustes. En réalité, il existe aujourd’hui un problème de fond plus important. Les Français ne peuvent pas tous se loger dans des conditions décentes. Les prix de l’immobilier ont augmenté de manière considérable et le plafonnement des loyers ne semble pas encore avoir fait ses preuves.
Aujourd’hui, on découvre des personnes contraintes de vivre à l’hôtel. Pourquoi ? Parce que leurs revenus sont trop élevés pour prétendre à un logement HLM mais pas assez pour trouver un bailleur privé désireux d’obtenir les meilleures garanties financières. Les ménages les plus modestes, quant à eux, sont parfois contraints d’accepter des conditions de vie tout simplement honteuses. Pour ne pas dormir dans la rue, ils acceptent d’occuper des
logements qui ne respectent aucunes normes et dont les propriétaires semblent peu scrupuleux, soucieux simplement de percevoir un loyer. Cette vision semble quelque peu caricaturale mais il s’agit malheureusement d’une dure réalité pour beaucoup de Français.

QUelles sont Les raisons de la crise du logement ?

Avant de définir les solutions qu’il serait judicieux de mettre en place, tentons tout d’abord de comprendre qui ou quels phénomènes sont responsables.

L’évolution de la société : si l’on part du principe qu’il y a réellement un manque de logements, cela peut s’expliquer assez simplement. Notre société évolue. Il y un demi-siècle, les familles élevaient leurs enfants qui quittaient le nid pour se marier et fonder un foyer. Aujourd’hui, les jeunes prennent leur indépendance avant même d’avoir trouvé l’âme sœur, nombre de logements sont occupés par une seule personne. D’autre part, le nombre de divorces explose, là encore cela engendre un besoin en logements. De même, on peut évoquer tous ces étudiants qui choisissent, parfois à 30 minutes de chez leurs parents, de prendre un appartement jusqu’à la fin de leurs études tandis qu’auparavant ces jeunes avaient tendance à ne quitter le nid qu’une fois qu’ils étaient diplômés.
L’augmentation des prix : les bailleurs privés sont incités par des aides gouvernementales à construire pour louer. Pour autant, le prix d’une maison ou d’un appartement augmente en permanence et la durée des crédits, même si les taux sont à la baisse, a fortement augmenté. Aujourd’hui, la part du logement dans le budget d’un ménage est majeure. Nombre de Français aimeraient réaliser un investissement locatif sans pouvoir se le permettre. Pour prendre un exemple concret, en France, en 2014, acheter un logement de 70 m² coûtait l’équivalent de 7,9 années de revenus. En Belgique, un même achat représentait 3,6 années de revenus.
Une mauvaise répartition des logements : en France, l’offre et la demande ne s’équilibrent pas.  Il existe des zones tendues, à Paris par exemple, et des espaces ruraux où l’on trouve de nombreuses maisons à louer ou à acheter durant des mois voire des années.

quelles sont Les solutions pour freiner la crise du logement ?

Des solutions, il y en a certainement beaucoup et nombre de Français attendent avec impatience de savoir quelles sont les mesures précises que le ministre de la Cohésion des territoires prendra au cours de son mandat. Nous pouvons en attendant évoquer quelques axes d’amélioration qui permettraient à chaque Français de bénéficier d’un logement décent.

Augmenter le nombre de constructions dans les zones les plus tendues et inciter les propriétaires bailleurs à s’installer précisément dans ces zones principalement urbaines.
Rendre les zones où l’offre est forte plus attractive : il s’agit ici de la situation inverse. Alors que l’on tente depuis des années de construire des logements dans les grandes métropoles, près des zones d’activités, etc., pourquoi ne pas s’intéresser à ces zones où des logements sont disponibles mais qui n’attirent pas les locataires ou les acheteurs. Développer des zones d’activités, des zones commerciales, les transports en commun également, voilà ce qui pourrait motiver les Français à s’éloigner des grandes villes.
Inciter à baisser les loyers : au-delà du plafonnement des loyers, des lois telles que la loi Cosse peuvent être intéressantes à développer. Ici, l’idée est de permettre au bailleur de bénéficier d’une réduction d’impôts sur le revenu s’il consent à baisser son loyer.  
Baisser le revenu foncier : naturellement, si l’on souhaite que l’investissement locatif se développe, il va falloir mettre la main au portefeuille plus souvent. Au-delà de l’avantage fiscal offert par la loi Cosse, il serait certainement judicieux de baisser l’impôt foncier qui, dans certaines zones, est un réel frein à l’achat, afin d’inciter les Français à acheter pour louer.
Encourager la rénovation : certaines aides sont d’ores et déjà en place pour inciter les propriétaires à faire des travaux de rénovation énergétique. Pour autant, cela ne semble pas suffisant. Il serait intéressant de réfléchir à de nouvelles aides ou, pourquoi pas, à des malus lorsqu’un logement frôle l’indécence et que les locataires ne peuvent se chauffer, faute d’isolation correcte.

Sourcehttp://www.leblogpatrimoine.com/immobilier/quelle-grande-reforme-ferrand-pour-lutter-contre-la-crise-du-logement.html