Prêt sur 35 ans : la fausse bonne nouvelle

La flambée des prix de l’immobilier, qui redouble depuis le début de l’année, éloigne de plus en plus de ménages de l’accès à la propriété. Pour y remédier, d’aucuns préconisent un allongement de la durée des prêts jusqu’à 35 ans. Mais si le mécanisme peut redonner une solvabilité à un certain nombre de dossiers auprès des banques, il n’est pas sans incidence sur le budget des contractants, à long terme. Explications.

Les taux ont atteint leur seuil le plus bas

2630 €/m2 à Montpellier, 2880 €/m2 à Toulouse, 2100 €/m2 à Narbonne… 3997 €/m2 à Lyon… 9300 €/m2 à Paris. Les prix ne cessent de grimper, dans la très grande majorité des villes en France, depuis janvier 2018. + 4% rien que sur un trimestre, à Marseille… (*) Autant dire que les classes moyennes voient leur rêve de devenir propriétaires, de moins en moins réalisable.

Afin d’éviter que le marché de l’immobilier ne ralentisse et que le volume des prêts contractés ne diminue d’autant, les taux ont baissé ces derniers mois, atteignant des records en bas de tableau. À peine 1,05% sur 15 ans ; 1,20% sur 20 ans.

Dans un même temps, la durée moyenne d’un emprunt s’est allongée : 20 à 25 ans, quand elle n’était que de 15 ans au début des années 2000. Aujourd’hui, plus du tiers des prêts se font sur 25 ans et plus.

Un emprunt plus long donc, et un apport qui n’est plus indispensable. Nombreuses sont les banques qui préfèrent tabler sur d’autres critères de solvabilité.

Un prêt sur 35 ans pour amortir la hausse des prix de l’immobilier

Les taux ayant atteint leur seuil le plus bas alors que les prix continuent d’augmenter, il est devenu impossible d’amortir la hausse par une baisse du coût du crédit. Seule solution envisagée : l’allongement de la durée d’un prêt sur 35 ans, qui permettrait de faire baisser toujours plus les cotisations mensuelles des ménages, puisque les autres leviers ont déjà été actionnés.

Sauf qu’il s’agit d’une fausse bonne nouvelle pour les classes moyennes. En plus de voir le coût total de leur crédit exploser et de s’engager sur un endettement à long terme, le risque est grand d’acheter un bien immobilier qui, surévalué au moment de son achat, s’avèrera une mauvaise affaire, surtout en cas de revente. Pour, au final parfois, un emprunt plus long mais sans baisse notable des mensualités.

Vous l’aurez compris. Contracter un prêt sur 35 ans n’est pas forcément une bonne chose. Et reste très marginal. Aujourd’hui, moins de 1% des prêts se font sur cette durée. Pour ne pas commettre d’erreur, tournez-vous vers un courtier en prêt immobilier. L’équipe Sol-Fin reste à votre écoute.

(*) Chiffres tirés du site officiel de l’immobilier des notaires de France https://www.immobilier.notaires.fr